Il y a un peu moins d’un mois, mon exploitation faisait l’objet d’un article dans La Dépêche. Pas exactement pour la raison que j’aurais espérée. Dans la nuit du 24 au 25 septembre, un tiers de ma récolte de chanvre a été volé en pleine nuit, directement dans mon champ à Salvagnac.
Sur le coup, le choc est rude. Le champ est invisible depuis la route ; comme le soulignait l’article, « pour voler ici, il faut soit être très motivé, soit connaître ». Ce vol ciblé a emporté mes plus beaux plants, me laissant avec une perte estimée à environ 5 000 €. Sur une année où ma récolte totale va péniblement atteindre les 2,5 kg au lieu des 10 kg habituels, le coup a été difficile à encaisser.
Un parasite de plus sur la liste
Mais aujourd’hui, la stupeur des premiers jours est passée et j’arrive à prendre un peu de recul.
Finalement, j’ai décidé de voir ces voleurs pour ce qu’ils sont : un nuisible de plus au jardin. Entre les canicules à répétition, les invasions de chenilles, les changements de réglementation incessants et le champignon botrytis qui a déjà testé mes nerfs par le passé, la culture du chanvre est une aventure pleine de défis. Ce vol, c’est simplement un nouveau parasite qui s’ajoute à la liste de cette saison.
Décourageant ?
C’est vrai, une telle épreuve pourrait être décourageante et donner envie de tout arrêter. Mais au Jardin du Tilia, on préfère en rire et préparer la riposte. Je crois que l’année prochaine, on va surtout s’amuser à être le plus créatif possible pour freiner les éventuels curieux. Alarmes, stratagèmes dissuasifs… on a déjà plein d’idées en tête pour protéger le champ, et on compte bien ne plus se laisser surprendre.
La petite victoire dans la défaite
S’il faut retenir un point positif de cette mésaventure, c’est que ce coup dur aura au moins permis de faire parler de moi et de notre ferme dans la presse locale. Mettre en lumière mon travail et la démarche éthique de l’exploitation auprès des lecteurs de la région, c’est la petite victoire que je choisis de retenir dans cette épreuve.
Transformer cette perte en forêt
Je refuse de laisser cet événement définir mon projet agricole. Si j’ai créé cette ferme, c’est avant tout pour ramener de la biodiversité et prendre soin de la terre.
Si vous souhaitez m’aider d’une manière ou d’une autre à compenser cette perte, la plus belle façon de le faire est de participer à ma cagnotte de plantation. L’objectif est simple : transformer ce vide laissé dans le champ en un véritable « jardin d’Éden ». Pour chaque don de 3 €, un nouvel arbre sera planté cet hiver sur le terrain pour ramener de la vie. C’est ma façon de me réconforter, de tourner la page et de vous inviter à semer un peu de résilience avec moi.
