Cet été, le thermomètre a frôlé, voire dépassé, les 37 degrés pendant des semaines entières. Et au Jardin du Tilia, on a eu très chaud… et nos plantes aussi.
Aujourd’hui, j’avais envie de vous emmener dans les coulisses de la culture du CBD et de vous parler en toute transparence de l’impact de cette sécheresse sur la récolte de cette année.
Le défi de l’eau : 8 litres vs 3 litres
Pour vous donner une idée, un pied de chanvre adulte, pour se développer de manière optimale en plein été, a besoin d’environ 8 litres d’eau par jour. Face à la sécheresse, mes réserves ne me permettaient de leur donner que 3 litres tous les deux ou trois jours.
Je comptais beaucoup sur la fameuse « racine pivot » du chanvre – cette racine très profonde capable d’aller chercher l’eau loin dans le sol – pour compenser ce manque. Malheureusement, face à une telle canicule, ça n’a pas suffi. Résultat : la croissance végétative s’est stoppée. La plupart de mes pieds dépassent à peine un petit mètre de haut (à l’exception d’une parcelle qui, de manière assez mystérieuse, a l’air de beaucoup mieux retenir l’eau au niveau de son sol !).
La récolte de cette année sera donc minime en quantité. Mais en tant qu’agricultrice, la règle d’or est l’adaptation. Puisque je n’aurai pas la quantité, j’ai décidé de tout miser sur une chose : une qualité de floraison absolument exceptionnelle.
L’art de la floraison : le Thé de Compost Oxygéné (TCO)
Maintenant que les températures ont enfin baissé, je chouchoute mes petites plantes pour qu’elles fassent les plus belles fleurs possibles. Pour ça, j’ai dégainé mon arme secrète : le TCO.

Pour ceux qui ne connaissent pas, imaginez un sachet de thé géant rempli de compost mûr (j’utilise du lombricompost). Je le plonge dans une cuve d’eau avec de la mélasse (du sucre) pour nourrir les bactéries, et j’y ajoute de la consoude, une plante magique qui libère le potassium dont le chanvre a tant besoin pour fleurir.
Cette année, j’ai même amélioré mon système en fabriquant un bulleur « en forme de pieuvre » au fond de ma cuve pour répartir l’oxygène de façon homogène. L’oxygène va faire se multiplier les bonnes bactéries par millions ! J’ai obtenu une mousse magnifique en surface, signe que mon TCO était parfaitement actif. En arrosant les plants avec, on rend les minéraux du sol immédiatement disponibles. C’est un véritable coup de boost naturel que je renouvellerai d’ici 10 jours.
Surveiller la chenille comme le lait sur le feu
La fin de saison apporte deux ennemis redoutables : la chenille et le botrytis. La chenille adore attaquer le chanvre quand la floraison avance. Non seulement elle sectionne les fleurs, mais elle y laisse ses excréments. C’est la porte ouverte au Botrytis, un champignon (la pourriture grise) capable de détruire un pied entier en 48 heures chrono !
Ma stratégie de lutte 100 % biologique :
- En préventif contre la chenille : J’applique du Bacillus thuringiensis, une bactérie naturelle qui cible uniquement la chenille. C’est le moment idéal pour le faire : on est à un stade précoce, ce qui garantit qu’il n’y aura aucun résidu dans la fleur finale.
- À la main : Je supprime minutieusement les œufs cachés sous les feuilles (voir la photo ci-dessous).
- En foliaire contre le champignon : Je pulvérise mon TCO directement sur les feuilles pour que les bonnes bactéries viennent occuper le terrain et protéger la plante. J’y ajouterai bientôt une infusion de prêle, connue pour renforcer les défenses de la plante.
Cette récolte sera petite, c’est vrai. Mais je peux vous promettre que chaque fleur qui sortira du Jardin du Tilia cette année aura été défendue, nourrie et aimée avec une intensité folle !

La clé ultime : la biodiversité (et les araignées !)
En observant mes champs tous les jours, j’ai d’ailleurs remarqué une chose fascinante. Sur le bas de mon terrain, la terre est naturellement plus humide. Cette humidité a permis à une plus grande biodiversité végétale de s’installer. Et devinez quoi ? Qui dit plus d’insectes diversifiés, dit plus d’araignées. Et là où il y a des araignées, il n’y a quasiment aucune chenille sur mon chanvre !
La nature est bien faite : quand l’écosystème est riche, il s’équilibre tout seul et nous offre ses propres « pesticides » naturels.
C’est exactement pour cette raison (ramener de l’humidité, de l’ombre et un habitat pour la faune) que je vais planter 220 arbres fin novembre sur le domaine. C’est la solution à long terme pour aider Le Jardin du Tilia à faire face aux étés de plus en plus rudes.
🌳 Si vous souhaitez m’aider à construire cet écosystème résilient, vous pouvez participer en parrainant un arbre (pour seulement 3€) en cliquant juste ici. Chaque arbre planté est une maison de plus pour les araignées qui protégeront nos futures récoltes !
